Mont Péko: Une première évaluation révèle les forces et défis du parc

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Il y a des rendez-vous qui marquent une étape. Celui organisé à Duékoué les 3 et 4 juin derniers par l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) en est un. Réunis autour de l’outil international IMET (Integrated Management Effectiveness Tool), les acteurs engagés dans la conservation du Parc national du Mont Péko (PNMP) ont livré, pour la toute première fois, un diagnostic rigoureux de l’efficacité de gestion de cette aire protégée. Un exercice inédit, salué par tous, qui pose les jalons d’une gestion plus ambitieuse.

Au terme de deux jours de travaux intenses, le parc a décroché un score global de 56,89 % sur 100. Pour le Dr Colonel Issa Diarrassouba, chef de la Cellule de contrôle et de planification de l’OIPR et coach principal de l’évaluation, ce résultat est loin d’être anodin. « Il s’agit de la toute première évaluation du parc avec cet outil reconnu au niveau international. Ce score permet d’apprécier dans quelle mesure l’aire protégée est gérée pour atteindre ses objectifs de conservation », a-t-il précisé.

Un chiffre qui prend tout son sens au regard du contexte. Le Mont Péko a subi, ces dernières décennies, des pressions humaines considérables : Pression agricoles, exploitation illégale, réduction du couvert forestier. Sa remise en état progressive, engagée depuis 2024, est le fruit d’une mobilisation collective portée par l’OIPR, la Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire (FPRCI), IDH et plusieurs partenaires privés. Le parc figure par ailleurs parmi les six forêts prioritaires de l’Initiative Cacao et Forêts (ICF), ce qui renforce son importance stratégique dans la politique nationale de lutte contre la déforestation.

Si le score global réjouit, l’évaluation a aussi mis en lumière des insuffisances à corriger. Le Dr Colonel Diarrassouba l’a dit sans détour : « Nous sommes autour de 50 % en termes d’intrants. Il faudra renforcer la mobilisation des ressources et améliorer davantage les processus de gestion. » Les moyens humains, matériels et financiers restent insuffisants. Le suivi écologique, indispensable pour préparer de futures activités écotouristiques, doit également être développé.

Représentant le Directeur général de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse, Directeur de la zone Ouest, a reconnu à la fois les avancées et le chemin restant à parcourir. « Beaucoup a été fait depuis 2024, mais beaucoup reste encore à faire », a-t-il affirmé, rappelant que le Mont Péko « revient de très loin ».

Ce qui distingue cet exercice, c’est son caractère collectif et partagé. Le représentant de laFondation pour les parcs et réseves de Côte d’Ivoire, (FPRCI), Seydou Diarrasouba, a tenu à lever une ambiguïté : « Cet exercice n’évaluait pas les gestionnaires, mais l’ensemble du système de gestion du parc. Chacun s’est retrouvé dans cette évaluation : les partenaires financiers, la recherche, les populations, les autorités administratives. »

L’administration territoriale a abondé dans le même sens. Représentant le préfet de la région du Guémon, le sous-préfet de Bagohouo, Kouamé Foulé Marius, a salué le score obtenu comme « un indicateur honorable » et appelé à une mutualisation des efforts entre toutes les parties prenantes.

Du côté des communautés riveraines, la voix de Diehi Tiesséhi Étienne, chef du village de Bagohouo et du canton Zanié, a résonné avec une sincérité particulière. Se définissant lui-même comme l’un des « gardiens naturels » du parc, il a exprimé sa satisfaction et plaidé pour que ce type d’évaluation soit régulièrement renouvelé, afin de maintenir la dynamique d’amélioration en marche.

Au-delà des pourcentages, l’atelier de Duékoué aura surtout renforcé la concertation entre acteurs souvent cloisonnés : État, partenaires techniques et financiers, chercheurs, société civile et populations locales. Tous partagent désormais une même lecture des forces et des faiblesses du parc, et une même feuille de route pour progresser.

Avec ses 56,89 % comme point de départ, le Parc national du Mont Péko dispose désormais d’un véritable tableau de bord. À charge pour chacun d’en faire un tremplin, et non un plafond.

Kindo Ousseny

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