Mont Péko: Le préfet Addoh Tano appelle les riverains à devenir les premiers gardiens du Parc

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C’est dans l’atmosphère conviviale du village de Bagohouo, dans le département de Duékoué, que s’est tenue, vendredi 20 juin, une grande journée de sensibilisation à la conservation du Parc national du Mont Péko. Organisée par l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), la rencontre a rassemblé autorités administratives, élus, chefs coutumiers, guides religieux et populations riveraines autour d’un même élan : faire du Mont Péko un patrimoine vivant, protégé et transmis aux générations futures.

Le chef du village, Djéhi Diessehi Etienne, a ouvert les échanges avec des mots empreints d’espoir. Il a salué le chemin parcouru : les incompréhensions qui ont longtemps pesé sur les relations entre les communautés et les gestionnaires du parc appartiennent, selon lui, au passé. « Nous sommes prêts à accompagner toute action qui va dans le sens du développement de notre zone », a-t-il assuré, au nom de ses administrés.

Au nom du président du Conseil régional du Guémon, Mobohio William a rappelé que le Mont Péko n’est pas un espace lointain et abstrait, mais un bien commun dont dépend l’avenir de toute une région. Il s’est réjoui du retour progressif des éléphants, des chimpanzés et des buffles comme signes tangibles de la restauration en cours, tout en réaffirmant l’interdiction du braconnage et de l’exploitation illégale des ressources forestières. Il a par ailleurs mis en avant les activités génératrices de revenus développées avec l’appui des partenaires de l’OIPR pour offrir aux populations des alternatives concrètes.

Le colonel Zannou Moïse, directeur de la Zone Ouest de l’OIPR, a inscrit cette campagne dans une démarche de proximité. Reconnaissant les difficultés liées aux limites du parc et aux séquelles des crises qui ont favorisé certaines occupations illégales, il a salué la responsabilité dont font preuve les habitants de Bagohouo. Il a réaffirmé l’engagement de l’OIPR à poursuivre les actions de développement local, (microprojets, infrastructures sociales, insertion des jeunes dans la conservation), afin que la protection du parc rime avec amélioration des conditions de vie.

C’est toutefois l’allocution du préfet de région du Guémon et préfet du département de Duékoué, Addoh Tano Jean Marie, qui a constitué le temps fort de la journée. Dans un langage direct et ancré dans le réel, il a posé d’emblée le cadre : protéger le Mont Péko n’est pas une affaire d’État réservée aux agents en uniforme. C’est une responsabilité que chaque habitant doit assumer. « Personne ne viendra faire votre bonheur à votre place », a-t-il lancé, invitant les riverains à prendre leur destin en main.

Face à la réduction du couvert forestier, à la disparition d’espèces et aux effets croissants du changement climatique, le préfet a appelé à un changement de comportement sans détour : plus de braconnage, plus de feux de brousse incontrôlés, plus de pratiques agricoles destructrices. « Les arbres, les forêts, les ressources naturelles, c’est le fondement même de la vie humaine », a-t-il rappelé. Préserver le Mont Péko aujourd’hui, c’est, selon lui, garantir aux enfants et aux petits-enfants un patrimoine naturel capable de soutenir leur développement économique et social.

Addoh Tano Jean Marie a conclu avec un appel fort à la vigilance citoyenne : signaler toute activité suspecte, toute intrusion illégale dans l’aire protégée, et transmettre aux jeunes générations une forêt restaurée et vivante. « Le parc n’est pas seulement l’affaire de l’État ; c’est notre affaire à tous », a-t-il martelé.

Les communications techniques ont enrichi cette journée de substance. Le docteur-colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawi a exposé les dimensions écologique, économique et sociale du parc, notamment son rôle dans la protection des ressources en eau et le développement futur de l’écotourisme. Le capitaine Lago Marien José Arcady a présenté les textes législatifs encadrant la protection des aires protégées et les sanctions applicables aux contrevenants.

Le capitaine Sinayoko Yaya, chargé des mesures riveraines, a quant à lui dressé le panorama des opportunités offertes aux communautés : partenariat IDH/Barry Callebaut, Projet d’investissement forestier phase 2 (PIF 2), Projet de restauration des écosystèmes (PRE). La présentation du Prix Vert, récompensant les acteurs engagés pour l’environnement, a suscité un vif intérêt dans l’assistance.

Au soir de cette journée d’échanges, un message s’est imposé avec clarté : la conservation du Parc national du Mont Péko et le développement des communautés riveraines ne s’opposent pas, ils se construisent ensemble, pour un avenir durable dans le Guémon.

Kindo Ousseny

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