Il aura fallu plus de deux années de tensions, de médiations et de patience pour revoir cette image que beaucoup espéraient sans plus y croire : celle d’un conseil municipal presque au complet, réuni autour de la même table.

Le mardi 28 juillet 2026, la salle des cérémonies Vagondo Diomandé de la mairie de Logoualé a retrouvé l’ambiance des premiers jours de la mandature de la députée-maire, Gisèle Wohi épouse Koffi. Cette troisième session du conseil municipal restera comme celle de la réconciliation et du retour à l’unité.
Depuis plusieurs mois, la vie de la municipalité était marquée par une profonde dissidence. Seize conseillers municipaux avaient cessé de participer aux travaux du conseil, invoquant des incompréhensions internes. Une absence qui pesait sur le fonctionnement de la collectivité. Malgré cette situation délicate, la première magistrate de la commune est restée fidèle à sa ligne de conduite : privilégier le dialogue, garder les portes de la mairie ouvertes et croire en un dénouement heureux.
Ce retour à la normale est le fruit d’un long travail de médiation. Les autorités coutumières, conduites par le roi Gué Pascal, plusieurs cadres de la région ainsi que les ministres Vagondo Diomandé et Albert Toikeusse Mabri se sont investis pour rapprocher les différentes parties. Le corps préfectoral, de son côté, n’a jamais cessé de multiplier les initiatives afin de restaurer la cohésion au sein du conseil municipal.
Les efforts consentis ont finalement porté leurs fruits.

Dans une atmosphère empreinte de sérénité, les conseillers présents ont adopté à l’unanimité un ordre du jour consacré aux projets de développement de la commune. Une démonstration de volonté commune qui n’a pas échappé au Secrétaire général 1 de la préfecture de Man, Stéphane Guiriga, représentant le préfet de région.
Au terme de la séance, celui-ci a livré un message particulièrement fort. Saluant l’esprit de responsabilité des élus, il a estimé qu’ils avaient fait passer l’intérêt général avant les divergences personnelles. Puis, dans un moment chargé d’émotion, il s’est adressé directement au député-maire Gisèle Wohi au nom du préfet de région, Lacina Fofana.
« Au nom du préfet, je tiens à dire merci à tous les conseillers municipaux. Vous avez mis le développement de votre commune avant les problèmes personnels. C’est à saluer. La personne envers qui je tiens à exprimer le pardon de tout le corps préfectoral, et particulièrement du préfet Lacina Fofana, c’est Madame le député-maire. Quand on est en haut, on porte tout le poids. Madame le maire, c’est vous qui avez supporté cette situation malheureuse et c’est encore vous qui avez gardé les portes de la mairie ouvertes à ceux qui étaient absents. Veuillez accepter le pardon du préfet. Continuez ce que vous avez commencé, vous avez tout notre soutien », a déclaré Stéphane Guiriga, avant d’inviter les conseillers à rattraper le temps perdu.

Il a également exhorté les élus ayant fait leur retour à travailler désormais dans la sincérité et le respect envers la première magistrate de la commune. Parmi les anciens dissidents, le premier adjoint au maire, Seydou Traoré, a voulu rassurer les populations sur la fin définitive de la crise. « C’est avec joie et satisfaction que j’ai pris part à cette session. Il s’agissait d’incompréhensions qui ont été levées grâce à l’implication de nos autorités. Je remercie les ministres Vagondo Diomandé et Toikeusse Mabri, nos chefs traditionnels ainsi que le corps préfectoral. Nous sommes désormais prêts à contribuer pleinement au développement de notre commune », a-t-il affirmé.
Le dernier mot est revenu à la députée-maire Gisèle Wohi épouse Koffi. Dans une intervention empreinte d’apaisement, elle a invité les populations à tourner définitivement la page de cette crise. « Vous nous avez confié un mandat que nous mènerons jusqu’à son terme. À nous, conseillers municipaux, de laisser derrière nous ce qui appartient au passé et de nous consacrer entièrement au développement de notre commune. Je souhaite la bienvenue à tous ceux qui reviennent. Désormais, seul le travail compte. Ensemble, nous devons faire rayonner Logoualé. Je veux rassurer chacun que les enfants de Logoualé sont tous frères et sœurs. En définitive, il n’y a pas de feu en la demeure », a-t-elle déclaré sous les applaudissements de l’assistance.
Au-delà des discours, cette troisième session du conseil municipal marque une étape importante dans la vie de la commune. Après une longue période de blocage, Logoualé semble avoir retrouvé le chemin du dialogue et de la cohésion. Un nouvel élan qui nourrit désormais l’espoir de voir les énergies se concentrer exclusivement sur les projets de développement attendus par les populations.
KINDO Ousseny
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