Le message ne souffre d’aucune ambiguïté. Réunis le samedi 26 septembre 2026 à la mairie de Danané, les responsables des sociétés coopératives agricoles du Tonkpi et du Bafing ont exprimé leur opposition ferme au trafic du cacao ivoirien vers les pays voisins, notamment le Libéria et la Guinée. Devant la presse régionale, sur le perron de la salle de conférence de la mairie, la déclaration issue de leur rencontre a été lue par Zan Charles Lebon, PCA de société coopérative, désigné porte-parole des producteurs pour la circonstance.

Cette prise de position fait suite à une analyse de l’actualité de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Pour les acteurs réunis à Danané, défendre les intérêts des producteurs passe aussi par la protection du cadre légal de commercialisation du cacao. « Nous réaffirmons notre attachement au dialogue, à la concertation et au respect des institutions de la filière », ont-ils déclaré, avant d’ajouter que la sortie frauduleuse du cacao représente une menace directe pour les producteurs, les coopératives et l’économie nationale.
Dans leur déclaration, les sociétés coopératives se sont particulièrement attardées sur le phénomène du trafic transfrontalier, qu’elles condamnent « avec la plus grande fermeté », sous toutes ses formes, vers le Libéria comme vers la Guinée. Pour elles, le cacao produit par les paysans ivoiriens doit être commercialisé dans le strict respect des dispositions établies par l’État.
Le message s’adresse à l’ensemble de la chaîne : producteurs, coopératives, pisteurs, acheteurs et transporteurs sont invités à ne pas céder à des pratiques susceptibles de les exposer à des conséquences administratives ou judiciaires. Pour les signataires, le trafic n’est en rien une réponse durable à la quête d’un meilleur revenu. Il risque au contraire de priver les coopératives de volumes, de fragiliser la traçabilité et d’affaiblir les capacités de contrôle de la filière.
Aux producteurs du Tonkpi, du Bafing et des autres zones de production, le porte-parole a lancé un appel à la prudence : ne pas vendre sa récolte dans la précipitation, mais s’informer au préalable auprès des coopératives et des structures compétentes. Les circuits officiels et les opérateurs dûment autorisés doivent, selon lui, rester la priorité.
La responsabilité des coopératives a également été soulignée. Leurs responsables sont appelés à renforcer la sensibilisation, l’information et l’encadrement de leurs membres, tout en contribuant à l’amélioration de la traçabilité du cacao. Dans les zones frontalières, un appel particulier a été lancé aux jeunes et aux populations, exhortés à ne pas se laisser instrumentaliser par les réseaux de trafic, malgré l’attrait des gains rapides.
Au-delà de la condamnation, les producteurs réunis à Danané ont appelé les autorités à intensifier la lutte contre les réseaux et circuits clandestins, tout en réaffirmant leur propre attachement au dialogue, à la concertation et aux mécanismes institutionnels de la filière. Leur conviction tient en une formule : défendre le producteur, c’est « protéger sa production, sécuriser sa commercialisation et préserver l’avenir de la filière ».
En somme, les sociétés coopératives agricoles du Tonkpi et du Bafing appellent chaque acteur à prendre ses responsabilités : aux producteurs, de rester dans les circuits légaux ; aux coopératives, de protéger leurs membres ; aux acheteurs et transporteurs, de respecter les règles ; et aux autorités, de renforcer la lutte contre le trafic. À Danané, cette déclaration se veut ainsi un plaidoyer pour une filière café-cacao plus sécurisée, transparente et durable.
Kindo Ousseny
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