Il est des endroits où la nature raconte elle-même son histoire. Au Parc national du Mont Sangbé, dans l’Ouest montagneux de la Côte d’Ivoire, chaque piste, chaque empreinte et chaque bruissement de feuilles éveillent la curiosité. Ici, la vie sauvage reprend peu à peu ses droits. Depuis que l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) a pris en main la gestion de cette aire protégée en 2011, les écosystèmes se restaurent et le site attire de plus en plus d’amoureux de la nature, venus de tous horizons. C’est dans cette atmosphère que quatre touristes allemands ont posé leurs valises dans le secteur Sangbé 1, le 13 octobre dernier avec l’envie de découvrir ce joyau écologique.

Au départ de Biankouma, siège du secteur, ils ont entrepris, accompagnés de deux agents de l’OIPR et d’un écologue faisant office de guide, un trajet d’environ 80 kilomètres pour rejoindre le parc. Après Toulo, dernier village avant l’entrée de l’aire protégée, l’expédition a changé de dimension : chaque détour pouvait désormais réserver une surprise.
À l’intérieur du parc, les regards scrutent la végétation, les oreilles s’aiguisent et les pas se font prudents. Le guide partage ses connaissances sur les espèces et leurs habitats, tandis que les visiteurs découvrent les indices d’une faune remarquable. Les traces relevées témoignent du passage de grands bovidés sauvages et de plusieurs antilopes : cobes de Fassa, guibs harnachés, cobes de Buffon, hippotragues, bubales et même des buffles. Les babouins, eux, complètent ce tableau vivant. Autant de signes de la richesse écologique des lieux, qui nourrissent l’espoir d’observations toujours plus belles.

Moment fort de la visite : la découverte d’une saline naturelle, véritable lieu de rendez-vous de la faune. Tôt le matin ou en fin de journée, les animaux y viennent chercher les sels minéraux dont leur organisme a besoin. À l’arrivée des Allemands, les visiteurs à quatre pattes avaient déjà quitté les lieux. Pas de face-à-face spectaculaire, donc, mais des traces fraîches dans le sol, témoins silencieux d’un passage récent. Loin de décourager le groupe, cette scène a stimulé sa curiosité : dans la nature, il faut parfois savoir lire les empreintes pour approcher la vie invisible qui anime la forêt.
À l’issue du parcours, les quatre touristes se sont dits satisfaits de leurs découvertes. Leur visite illustre l’intérêt croissant des visiteurs internationaux pour le Mont Sangbé et le potentiel touristique de cette aire protégée. Certes, les objectifs de fréquentation fixés par l’OIPR ne sont pas encore atteints, en raison de contraintes en cours de règlement. Mais les perspectives sont encourageantes : la diversité de la faune, les paysages montagneux et les possibilités d’observation sont autant d’atouts pour développer un tourisme de nature respectueux de l’environnement.

Au-delà de l’émerveillement, visiter le Mont Sangbé, c’est aussi soutenir la conservation d’un patrimoine commun et mieux comprendre les enjeux de la protection de la biodiversité. Passionnés de faune, amateurs de randonnée encadrée ou curieux en quête d’authenticité, tous trouveront ici un sanctuaire qui mérite le détour. Accompagnée par les équipes de l’OIPR, chaque excursion devient l’occasion d’apprendre, d’observer et de contribuer à la préservation de la nature. Le Mont Sangbé n’attend plus seulement d’être protégé : il mérite aussi d’être découvert.
Kindo Ousseny
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