C’est un geste simple, mais chargé de sens. Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a saisi les commandes d’un tracteur pour labourer une parcelle rizicole à Yamoussoukro. Sous le regard des producteurs rassemblés, ce coup de volant symbolique a marqué le lancement officiel d’une phase pilote que le gouvernement ivoirien veut décisive : moderniser la riziculture, département par département. Les 12 et 13 juin 2026, après une première étape à Boundiali, les villes de Daloa et de Yamoussoukro ont accueilli la deuxième vague de ce programme d’appui aux filières riz et maïs.

Représentant le ministre de l’Agriculture Bruno Nabagné Koné, Bernard Kini Comoé a remis aux exploitants un équipement substantiel : cinq tracteurs et leurs accessoires, 20 tonnes de semences améliorées de riz, 100 tonnes d’urée et 150 tonnes d’engrais NPK, complétés par une dotation en carburant pour faire tourner les engins. À Daloa, les producteurs avaient déjà perçu 25 tonnes de semences de maïs en début de campagne. Leur périmètre aménagé couvre 500 hectares.
À Subiakro, le chiffre donne la mesure de l’effort consenti : plus de 370 millions de francs CFA de matériels et d’intrants déployés en une seule cérémonie. Le ministre du Plan Souleymane Diarrassouba, parrain de l’étape, a planté le décor sans détour : « Nous ne pouvons plus pratiquer l’agriculture d’aujourd’hui comme celle d’il y a quarante ans. Nous devons bâtir une agriculture moderne, intelligente, résiliente face aux changements climatiques, mécanisée et capable d’attirer davantage de jeunes. »

Pour les bénéficiaires, le soulagement est palpable. Bra Kouassi, qui représentait les riziculteurs du département, a salué un appui qui allège la pénibilité du travail tout en ouvrant la voie à de meilleurs rendements. En contrepartie, le porte-parole des producteurs a pris l’engagement public d’un usage responsable des équipements. Une clause de confiance mutuelle, symbolique autant que contractuelle.
Le programme ne se contente pas de distribuer : chaque tracteur, chaque sac de semences, chaque tonne d’engrais est tracé pour garantir le suivi des investissements publics. Une rigueur nouvelle, qui traduit la volonté des autorités de mesurer l’impact réel sur les rendements et les revenus.

Au total, quatre départements pilotes à savoir : Boundiali, Daloa, Yamoussoukro et Ferké, concentrent cet effort sur 2 000 hectares. L’objectif, selon le ministre délégué, est d’inscrire cette démarche dans la vision du président Alassane Ouattara : faire du riz ivoirien non plus un produit d’importation subi, mais un moteur de développement rural et l’emblème d’une souveraineté alimentaire reconquise.
Kindo Ousseny
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