Man: Le FIFT fait du cinéma un outil de paix et de cohésion sociale

Temps de lecture : 4 minutes

La deuxième édition du Festival ivoirien des films tradi-modernes (FIFT), tenue du 21 au 23 août à Man, a placé la question de la paix et du vivre-ensemble au cœur des débats. Pendant trois jours, professionnels du cinéma, autorités, acteurs culturels et festivaliers ont réfléchi à la contribution des alliances interethniques à la prévention et au règlement des conflits.

Faire du septième art un instrument de dialogue et de rapprochement entre les communautés : telle est l’une des ambitions affichées par cette deuxième édition du FIFT, organisée à Man autour du thème « Alliances interethniques dans la résolution des conflits ».

Venus de Man, Danané, Abidjan et Zouan-Hounien, les participants ont vécu trois journées consacrées au cinéma, mais aussi aux traditions, au patrimoine et à la cohésion sociale.

Le festival s’est ouvert par un panel réunissant plusieurs personnalités : Doumbia Hamed Lamine, conseiller spécial du maire de Man chargé des festivals ; Amon Barthélémy, directeur régional de la Culture et de la Francophonie ; le préfet hors grade Kamara Mamadou, président fondateur de la Fondation Koblè des Mandé du Sud ; et le réalisateur-producteur Olivier Koné. Ensemble, ils ont partagé leurs expériences autour des alliances interethniques.

Durant plus de deux heures, les échanges ont permis de revenir sur les mécanismes traditionnels de règlement des différends, notamment les alliances à plaisanterie, et sur leur rôle dans la préservation de la paix entre communautés.

Les panélistes ont surtout invité la jeunesse à ne pas considérer ces pratiques comme de simples éléments folkloriques. Ils l’ont appelée à mieux les connaître, à les pratiquer et à prendre toute sa place dans la sauvegarde du patrimoine culturel.

Le représentant du maire de Man, Aboubakar Fofana, a pour sa part salué l’initiative. Au nom de l’édile, il a encouragé les organisateurs à poursuivre cette œuvre et exhorté les jeunes à s’engager davantage dans le cinéma et la valorisation des traditions. Il a également réaffirmé la disponibilité de la mairie à accompagner le festival afin de lui permettre de s’inscrire dans la durée.

Le cinéma a constitué l’autre temps fort de cette édition. Une soirée de gala a permis aux festivaliers d’assister à la projection des trois films retenus pour la compétition : Tambour Sacré, représentant Zouan-Hounien, Glomie, de Man, et KODIAHOU, venu d’Abidjan.

Au terme des projections, le jury, composé de professionnels du cinéma dont Olivier Koné et l’actrice Bénédicte Kouadio, a consacré Tambour Sacré meilleur film de cette deuxième édition. Réalisé par Jean Eudes Domy, le film venu de Zouan-Hounien a devancé Glomie, de Man, classé deuxième, et KODIAHOU, d’Abidjan, troisième.

La cérémonie de remise des prix a réuni plusieurs personnalités et acteurs culturels. Le représentant du maire, Diabaté Losseni, ainsi que le directeur régional de la Culture et de la Francophonie, Amon Barthélémy, ont rendu hommage aux initiateurs du festival et salué la participation des différentes villes.

Ils ont également encouragé les jeunes à investir davantage le septième art, considéré comme un moyen efficace de raconter l’histoire, de préserver la mémoire et de sensibiliser les populations.

Dans cette dynamique, le FIFT entend faire du cinéma un espace où la mémoire devient dialogue, où le dialogue favorise la compréhension, et où la compréhension peut conduire à la paix.

Le commissaire général, Hounsey Kouami Boniface, a ainsi insisté sur la responsabilité des professionnels du cinéma. Selon lui, les cinéastes doivent contribuer à préserver la mémoire des mécanismes traditionnels de rapprochement entre les communautés et devenir les « archivistes de la paix de demain ».

Le festival ne s’est toutefois pas limité aux projections et aux débats. Les organisateurs ont également tenu à faire découvrir aux participants les richesses culturelles et touristiques de la région.

Le dimanche 23 août, les festivaliers ont entamé un circuit touristique par la Fondation Koblè des Mandé du Sud, où ils ont découvert plusieurs aspects de la culture et des traditions dan. Ils ont ensuite mis le cap sur Guanlé et ses silures sacrés, avant de poursuivre vers Glogouin, au pied de la Dent de Man, pour y admirer les cascades et profiter du cadre naturel.

La dernière soirée a été consacrée aux contes et légendes. La troupe West Art a plongé les festivaliers dans l’univers culturel dan à travers récits et danses, présentés au quartier Campus Mont-Glas.

Au terme de ces trois jours, le FIFT aura réussi à créer un espace de rencontre entre cinéma, culture, tourisme et traditions — une expérience que ses organisateurs entendent poursuivre avec une troisième édition annoncée pour 2027.

Doumbia Seydou Badian

Loading

Partager, c'est aimer!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *