La salle de réunion du secteur Mont Nimba, à Danané, a accueilli le vendredi 14 novembre 2025 un atelier décisif pour l’avenir de la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba (RNIMN). Pendant près de sept heures, Enseignants chercheurs des universités de Daloa Man ainsi que des centres de recherche, écologues, responsables techniques et partenaires venus de Côte d’Ivoire et de Guinée ont passé en revue les résultats de la phase 4 du suivi écologique, un outil essentiel pour mesurer l’état de santé de ce site inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Le Mont Nimba est un patrimoine commun qui mérite une vigilance de tous les instants », a rappelé le colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawy, représentant du Directeur de zone ouest, à l’ouverture des travaux.
L’atelier a débuté dans une atmosphère empreinte d’émotion. Avant toute allocution, une minute de silence a été observée en hommage à feu l’adjoint au conservateur général du CEGENS de Guinée, tragiquement disparu dans un accident de la circulation. Son compatriote, le directeur Général du CEGENS Bilavogui Justin, a salué « l’esprit de fraternité et de collaboration qui unit les gestionnaires du Nimba ». Il a également exprimé son souhait fort de voir « le Mont Nimba retiré de la liste des sites en péril » grâce aux efforts conjoints des deux pays.
Au nom du Directeur général de l’OIPR, le colonel Amara a, lui aussi, exprimé sa peine avant de rappeler l’importance stratégique du suivi écologique. « Depuis 2015, les bailleurs renforcent cette fonction essentielle de gestion, et les universités nous apportent un appui scientifique précieux », a-t-il souligné. Il a encouragé les équipes à poursuivre l’amélioration du rapport et salué la qualité du travail présenté.
Le temps fort de l’atelier a été la présentation détaillée du lieutenant-colonel Beda Ange Alex, responsable du Suivi écologique et SIG à la Direction de zone ouest. Il a notamment relevé « une baisse du taux de rencontre du guib harnaché », espèce très présente dans la réserve. Toutefois, il a présenté une donnée encourageante : la présence confirmée de 77 individus d’hominidés, principalement des chimpanzés, dans la partie occidentale, en zone forestière. « Les variations observées d’une phase à l’autre s’expliquent par les périodes de collecte, la composition des équipes et parfois les aléas climatiques », a-t-il clarifié, tout en assurant que « la tendance générale reste positive ».

La richesse de ces résultats a nourri des échanges techniques approfondis. Les participants ont rappelé l’importance de documenter rigoureusement les pressions anthropiques — braconnage, feux de brousse, . Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance et de doter les agents de meilleurs équipements, notamment en GPS Garmin InReach, caméras pièges et bases de données modernisées.
À l’issue des discussions, plusieurs recommandations fortes ont été adoptées. Il s’agit notamment de structurer les analyses selon l’ordre « diversité – abondance – distribution – activités anthropiques », d’intégrer la recherche spécifique du micropotamogale de Lamotte, de produire des listes d’espèces observées et ciblées, ou encore d’ajouter des diagrammes ombrothermiques sur 30 et 4 ans. Les experts ont également suggéré l’installation d’une station météo, l’amélioration des représentations cartographiques et un renforcement des capacités sur la méthode « distance ».
Les universitaires de Man et de Daloa, ainsi que le représentant guinéen, ont salué la pertinence du document, tout en encourageant les équipes à approfondir certains aspects méthodologiques. « Ce rapport est une base solide, mais nous devons viser encore plus de précision pour orienter efficacement les décisions », ont-ils insisté.
Validé à l’unanimité sous réserve d’intégration des recommandations, le rapport de la phase 4 marque une nouvelle étape dans la gestion durable du Mont Nimba.
Kindo Ousseny
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