Podiagouine: 60 femmes formées pour devenir des leaders du développement rural

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La salle des conférences de la sous-préfecture de Podiagouiné a servi, ce mardi 18 novembre 2025, de cadre à une formation dédiée au leadership féminin. Soixante femmes venues de Gontongouiné-Blouno ont pris part à cette session, organisée dans le cadre du projet de renforcement des capacités et du pouvoir économique des groupements féminins. Cette initiative, portée par l’ONG Action pour l’environnement, la santé et les droits humains (AESDH), avec l’appui financier de l’Ambassade d’Allemagne.

Au cœur de cette journée, les échanges ont porté sur la gestion efficace d’un groupement, le rôle de la femme dans le développement local et la nécessité pour elle de devenir un acteur économique autonome. Pour Mah Isabelle, présidente du groupe OIG de Gontongouiné-Blouno, cette formation est une opportunité essentielle pour ses membres. « Ils nous apprennent comment gérer efficacement un groupe. Lorsqu’on est présidente, il faut savoir parler à ses membres, les diriger avec respect et les encourager », a-t-elle confié. Elle a également insisté sur la solidarité et la continuité du travail : « Même quand la présidente n’est pas là, le groupe doit continuer ses activités et rester uni pour progresser. »

Très engagée, Mah Isabelle a lancé un appel vibrant aux femmes de sa communauté. « Notre travail peut nous rapporter beaucoup d’argent et permettre d’aider nos maris, nos enfants et toute notre famille. Nous remercions sincèrement nos bailleurs et aussi les hommes qui nous encouragent chaque jour. » Dans une ambiance de satisfaction, elle a réaffirmé la détermination de son groupement à poursuivre ses efforts.

La Présidente du Conseil d’Administration de l’ONG ISDH, Justine Kpan épouse Yao, a expliqué le cadre global de cette initiative. « La formation d’aujourd’hui s’inscrit dans la mise en œuvre du projet de renforcement des capacités de 60 femmes de Gontongouiné-Blouno», a-t-elle indiqué. L’objectif : outiller ces femmes aux techniques de leadership, de gestion et de prise de décision. « Nous attendons qu’elles deviennent un exemple pour leur communauté, un véritable acteur de développement… La femme représente le socle de la famille. »

Justine Kpan épouse Yao a également encouragé les participantes à s’approprier pleinement le projet, notamment dans les secteurs agricoles où elles excellent déjà. « Nous les invitons à s’investir davantage dans la production de manioc et d’attiéké. Cette formation sera suivie de la remise de matériel agricole. »

Pour Koné Massandjé, Consultant formateur, cette formation résulte d’un constat clair : les femmes ont longtemps été limitées aux tâches domestiques, loin des espaces décisionnels. « Cette formation vise à les amener à sortir de cette coquille… faire d’elles des femmes leaders, des personnes capables d’inspirer d’autres femmes à devenir autonomes », a-t-il insisté. Koné Massandjé rappelle que lorsque les femmes progressent, c’est toute la communauté qui avance.

il a également souligné la nécessité de briser les stéréotypes de genre. « Le leadership n’est pas réservé aux hommes. Les femmes aussi peuvent être leaders, et souvent avec d’excellents résultats. » À l’issue de la formation, il a adressé un message fort : « Nous voulons les voir devenir de véritables modèles dans la région, des références capables d’inspirer d’autres groupements. »

En quittant la salle, les participantes affichaient un optimisme renouvelé. Fortes de nouvelles connaissances et conscientes de leur rôle dans le développement de leur localité, elles entament désormais une nouvelle étape, déterminées à transformer leur quotidien et celui de leurs familles.

Kindo Ousseny

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