C’est dans la salle de réunions de la préfecture de Biankouma qu’une rencontre décisive s’est tenue, le mercredi 20 mai 2026. La première session ordinaire du Comité de gestion locale (CGL) du Parc national du Mont Sangbé pour l’année 2026 a réuni, autour d’une même table, autorités administratives, représentants de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), élus locaux, ONG et délégués des communautés riveraines. Tous mobilisés pour l’avenir de cette précieuse aire protégée de l’Ouest ivoirien.

Présidant les travaux, le préfet de Biankouma et président du CGL, Soro Sana, a salué la forte mobilisation des participants. Dans son allocution d’ouverture, il a rappelé que ce comité, institué par arrêté préfectoral en 2012 en application de la loi de 2002 sur les parcs nationaux et réserves naturelles, constitue un espace essentiel de dialogue pour une gestion véritablement participative du parc. « Cette session vise à dresser le bilan du premier trimestre 2026, examiner les perspectives du deuxième trimestre et valider les termes de référence du Prix vert édition 2026 », a-t-il précisé.
Prenant la parole au nom du directeur général de l’OIPR, le colonel Gonto Gbassaha a adressé ses remerciements aux populations riveraines, qu’il a qualifiées de « véritables gardiens » du patrimoine naturel du Mont Sangbé, les invitant à poursuivre des échanges constructifs pour renforcer la protection du parc.
Les travaux se sont déroulés conformément au programme arrêté. Le capitaine Guillaume Kouakou a d’abord soumis à adoption le procès-verbal de la quatrième session 2025 du CGL-PNMS, approuvé à l’unanimité. Le colonel Zannou Moïse a ensuite présenté le Plan opérationnel annuel 2026 validé, ainsi que les grandes lignes du budget alloué aux activités de conservation. Le lieutenant-colonel Beda Ange Alex a dressé le bilan du premier trimestre et tracé les perspectives du suivant, passant en revue la surveillance, le suivi écologique et les actions communautaires visant à réduire les pressions humaines sur le parc. Enfin, le lieutenant Koné Yaya a exposé les termes de référence du concours « Prix vert » 2026, initiative destinée à récompenser les villages les plus engagés dans la protection du parc. Document aussitôt validé par l’ensemble des membres.
La bonne nouvelle est venue du colonel Zannou Moïse : le braconnage recule. Et ses effets se voient sur le terrain. « La distance de fuite des animaux a diminué de moitié. Cela montre qu’ils se sentent davantage en sécurité », a-t-il indiqué, saluant le travail des agents de terrain et des brigades mobiles de surveillance. Ce signe encourageant traduit une confiance retrouvée entre la faune sauvage et ses espaces vitaux.

Le directeur de zone Ouest de l’OIPR a également évoqué des perspectives prometteuses en matière d’écotourisme. Avec l’appui du conseil régional du Tonkpi, des infrastructures et des travaux de réhabilitation de pistes sont prévus pour améliorer l’accès au parc et valoriser son potentiel touristique. Une orientation susceptible de générer des retombées économiques locales tout en consolidant la protection de la biodiversité.
Dans son discours de clôture, le préfet Soro Sana a félicité l’OIPR et ses partenaires pour la qualité des échanges, tout en pointant des défis persistants : difficultés de financement, pistes dégradées et braconnage résiduel. Il a appelé l’ensemble des acteurs à maintenir leur synergie pour préserver durablement cette aire protégée reconnue aux niveaux national et international.
Le docteur Ambroise Diaye, également présent, a réaffirmé l’engagement de l’ONG Action de Vie aux côtés de l’OIPR. Il a rappelé que son organisation accompagne depuis plusieurs années les communautés riveraines à travers des formations et des appuis aux associations villageoises de conservation et de développement, grâce au soutien de partenaires internationaux engagés pour la biodiversité.
Kindo Ousseny
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