Il y avait dans l’air quelque chose d’inédit le samedi 18 avril 2026, ce jour-là, dans les localités de Gouiné et de Kpatta. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général de corps d’armée, Vagondo Diomandé, y a officiellement lancé les travaux de construction de leurs sous-préfectures respectives, marquant une double journée historique saluée par une mobilisation populaire hors du commun.

C’est à Gouiné que la tournée a débuté, dans une atmosphère de liesse teintée d’émotion. Pour ces populations, l’attente aura duré plus de vingt ans. L’annonce d’une administration de proximité enfin concrétisée a suscité un sentiment mêlé d’espoir et de soulagement. Au nom des cadres locaux, le professeur Gonin Gilbert a qualifié l’événement d’avancée majeure, tandis que le député Woï Mela Gaston Aimé a exprimé la gratitude des habitants envers le chef de l’État, Alassane Ouattara.
Sur le plan architectural, la future sous-préfecture de Gouiné s’étendra sur 5 400 m², avec une dizaine de bureaux fonctionnels et une résidence de 3 000 m² dotée de six chambres. Un château d’eau figure également parmi les infrastructures prévues. Les populations, elles, ont saisi l’occasion pour formuler des doléances : construction d’un point d’eau pour les villages environnants, acquisition d’une ambulance et réhabilitation du centre de santé.
La délégation ministérielle s’est ensuite déplacée vers Kpatta, deuxième étape de cette tournée dans le Grand Ouest. Les cadres de la localité ont accueilli l’initiative avec enthousiasme, tout en plaidant pour des infrastructures sécuritaires (notamment la création d’une brigade de gendarmerie) ainsi que pour la réhabilitation des établissements scolaires et sanitaires.

Mais au-delà des inaugurations, c’est le message politique du ministre qui a résonné avec force dans les deux localités. Vagondo Diomandé a appelé à dépasser les querelles stériles : « Les oiseaux de mauvais augure qui vont vouloir vous mélanger vont échouer. Notre sport favori dans cette région, c’est de nous insulter. Cela ne nous apporte rien. » Une mise en garde directe, prononcée sans ambages, contre les divisions communautaires qui freinent le développement.
Le ministre a également rendu un hommage appuyé au Président de la République, présenté comme le moteur de ces réalisations : « Tout ce que nous faisons aujourd’hui, c’est grâce au Président de la République. C’est lui qui nous donne les moyens d’agir pour les populations. Nous devons lui dire merci. » Il a également insisté sur la responsabilité collective : « Nous n’avons pas besoin d’être élus pour agir. Chacun de nous peut apporter sa contribution au développement. »
Cette double cérémonie, conduite en présence des cadres du Tonkpi, du Guémon et du Bafing, s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de l’administration de proximité dans des zones longtemps enclavées. Pour Gouiné comme pour Kpatta, une page se tourne. L’enjeu désormais : transformer ces fondations en béton en leviers durables de développement, main dans la main, comme l’a exhorté le ministre — « sans animosité, sans concurrence inutile ».
Kindo Ousseny
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