La cité des 18 montagnes a abrité, ce mercredi 27 mai 2026, la grande fête musulmane de l’Aïd El Kebir. Entre ferveur spirituelle et messages de paix, la communauté musulmane de Man a offert au monde un beau tableau de cohésion sociale.

Dès les premières heures de la matinée, la ville de Man a revêtu ses habits de fête. Des milliers de fidèles musulmans, parés de leurs plus beaux boubous et tenues traditionnelles, ont afflué de toutes parts vers les différents lieux de prière. Une mobilisation impressionnante qui témoigne, une fois encore, de la vitalité de la communauté musulmane dans la capitale de la région du Tonkpi.
C’est sur la Place de la Paix que s’est tenu le rassemblement principal. Des milliers de fidèles, côte à côte sur les nattes de prière, ont accompli la traditionnelle prière des deux rakats, dirigée par l’imam de la grande mosquée de Man, El Hadj Yacoub Chérif. La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives, politiques et coutumières de la région, dont les secrétaires généraux 1 et 2 de la préfecture, représentant le préfet de région, ainsi que le troisième adjoint au maire, le député Bamba Mamadou et des cadres conduits par Touré Sekou.

Placée sous le thème « L’Aïd El Kebir : un appel à la cohésion sociale et à la fraternité », cette édition 2026 a porté haut les couleurs du vivre-ensemble. Dans son sermon, El Hadj Yacoub Chérif a invité les fidèles à s’approprier pleinement les enseignements du sacrifice d’Ibrahim, symbole d’obéissance, de foi et de générosité. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale dans la cité des 18 montagnes, en renforçant la fraternité entre ses fils et ses filles. Des prières ont également été élevées pour la paix en Côte d’Ivoire et pour le président de la République, Alassane Ouattara.
De l’autre côté de la ville, au complexe sportif du lycée moderne Dion Robert, c’est l’imam Moussa Yoro qui a officié la grande prière. Son sermon, tout aussi inspirant, s’est adressé avec une particulière insistance à la jeunesse. Prenant pour exemple la sagesse et l’obéissance d’Ibrahim et de son fils Ismaël, le guide religieux a exhorté les jeunes à tourner le dos aux mauvaises fréquentations, à fuir les fumoirs, à honorer leurs parents et à s’investir résolument dans le travail. « Soyez les acteurs de votre développement personnel et du développement de votre région », leur a-t-il lancé. L’imam Moussa Yoro a également appelé ses fidèles à la générosité envers les personnes démunies, priant pour les malades et implorant la miséricorde divine pour tous.

Les deux cérémonies se sont achevées dans le recueillement par l’immolation d’un bélier, geste séculaire rappelant le sacrifice consenti par le patriarche Ibrahim. Un acte symbolique qui a clôturé en beauté une matinée placée sous le signe de la foi et du partage.
Par leur forte mobilisation et l’unité manifestée en ce jour béni, les habitants de Man ont, une fois de plus, démontré que la Tabaski est bien plus qu’une fête religieuse : elle est un puissant ciment du lien social, un rendez-vous annuel de la fraternité retrouvée.
Kindo Ousseny
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