Dans les sous-préfectures de Guéyébly, Bangolo et Gohouo-Zagna, l’alliance entre les communautés riveraines et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) vient de franchir une nouvelle étape. Du 22 au 27 juin 2026, huit villages ont ouvert leurs places publiques à une vaste mission de sensibilisation qui a rassemblé 467 participants autour d’un même enjeu : l’avenir du Parc national du Mont Péko (PNMP).

Financée dans le cadre du Projet de partenariat public-privé IDH, Barry Callebaut et OIPR, cette campagne poursuivait un objectif clair : rapprocher les populations de la gestion durable de ce massif forestier, considéré comme l’un des principaux réservoirs de biodiversité de l’Ouest ivoirien.
À Grand Pin, Michelkro, Petit Guiglo, Bohoussoukro, Yabligué, Ganzon, Gloplou et Boho 1, le scénario s’est répété avec la même intensité : sous les arbres ou à l’ombre des préaux, la délégation de l’OIPR a pris le temps d’expliquer le rôle écologique du parc, les menaces qui pèsent sur lui, mais aussi les opportunités qu’il représente pour les communautés. Braconnage, défrichements, feux de brousse, infiltrations illicites : chaque sujet a été abordé sans détour, dans une approche résolument participative qui a permis aux habitants de mesurer combien la santé du parc et leurs propres conditions de vie sont liées.

« Notre ambition est de faire des communautés riveraines les premiers défenseurs du Parc national du Mont Péko. La conservation ne peut réussir durablement que si les populations comprennent qu’elles sont les principales bénéficiaires des services que rend cette aire protégée », a expliqué Kindo Ousseny, chargé de communication de la Direction de zone Ouest de l’OIPR, qui conduisait la délégation au nom du Colonel Zannou Moïse, Directeur de la zone ouest.
Partout, la délégation a été reçue avec enthousiasme. Chefs de village, notables, jeunes et femmes se sont mêlés aux échanges, multipliant les questions sur les projets communautaires, le Prix Vert et les mécanismes d’accompagnement proposés par l’OIPR. Dans plusieurs localités, les habitants sont même allés plus loin, exprimant leur volonté de collaborer activement avec les agents de surveillance et de signaler toute activité illégale menaçant le parc.

Mais la sensibilisation n’a pas été à sens unique. Les rencontres ont aussi été l’occasion pour les populations de faire entendre leurs préoccupations. Le conflit homme-faune est revenu comme un fil rouge dans plusieurs villages : les dégâts causés par les éléphants et les buffles sur les plantations et les cultures vivrières continuent d’inquiéter les riverains. D’autres doléances ont porté sur l’accès aux projets de développement, l’accompagnement dans le montage de dossiers de financement, la construction de salles de classe à Bohoussoukro, ainsi qu’une meilleure reconnaissance des villages historiquement engagés dans la protection du parc.
« La sensibilisation est aussi un moment d’écoute. Nous sommes venus porter un message, mais également recueillir les attentes des populations afin que la conservation rime avec développement local. C’est en répondant progressivement à leurs préoccupations que nous allons consolider leur engagement en faveur du parc », a souligné Kindo Ousseny.

L’étape de Boho 1 restera sans doute l’un des moments marquants de cette tournée. Dans ce village, une partie de la jeunesse entretenait encore des tensions avec l’OIPR depuis les opérations d’aménagement du parc. Grâce au dialogue engagé par les responsables de la mission, et à l’implication du sous-lieutenant Bomisso Dally Hervé, les esprits se sont progressivement apaisés. Au terme de la rencontre, les jeunes ont pris l’engagement de devenir eux-mêmes des relais de sensibilisation et de s’impliquer activement dans la protection du Parc national du Mont Péko.
Au terme de cette tournée de six jours, les huit villages visités ont pris des engagements formels : respecter les interdits du parc, lutter contre le braconnage, les feux de brousse et les défrichements illicites, et collaborer étroitement avec les agents de l’OIPR.
Pour la Direction de zone Ouest, cette mobilisation marque une étape importante dans le renforcement de la gestion participative du Parc national du Mont Péko. En maintenant un dialogue permanent avec les communautés et en accompagnant leurs initiatives de développement, l’OIPR entend faire de ce patrimoine naturel exceptionnel un modèle de conservation au bénéfice des générations présentes et futures.
Doumbia Seydou Badian
![]()







