Trois jours durant, du 3 au 5 juillet 2026, la sous-préfecture de Semien, dans la région du Guémon, a vibré au rythme de la première édition du Festival Amougnan. Plus qu’une simple célébration culturelle, l’initiative s’est imposée comme un véritable cadre de rassemblement des fils et filles du canton, avec l’ambition de renforcer l’unité, de valoriser le patrimoine local et de poser les bases d’un développement durable.

À la cérémonie de clôture, le dimanche 5 juillet, le commissaire général du festival, Joël Kéhi, a exposé la vision portée par cette nouvelle manifestation culturelle. Selon lui, Semien avait besoin d’un événement fédérateur, capable de ne plus limiter les retrouvailles aux seules cérémonies funéraires. « Nous voulons que les vacances scolaires deviennent désormais un moment de retrouvailles autour de notre culture. À travers Amougnan, nous souhaitons attirer les regards sur Semien, faire découvrir ses richesses culturelles et économiques et inscrire notre canton dans une dynamique d’écoute, de solidarité et de développement », a-t-il déclaré. Pour les organisateurs, cette première édition marque le point de départ d’une plateforme permanente d’échanges, où les populations pourront réfléchir ensemble à l’avenir de leur localité.
Le chef du canton Semien, Gouin Noël, a salué l’initiative en formulant le vœu de la voir s’inscrire durablement dans le calendrier culturel régional. À ses yeux, cette rencontre offre aussi l’occasion de porter les préoccupations des populations auprès des autorités et des partenaires au développement. « Je souhaite que ce festival soit pérennisé. Il permettra aux décideurs de constater eux-mêmes nos réalités. Nos principales priorités demeurent l’accès à l’eau potable et l’amélioration de la route. J’espère que ceux qui viendront ici pourront relayer ces préoccupations au plus haut niveau », a-t-il plaidé.

Président de la cérémonie et opérateur économique, Bill Fonh, également parrain du festival, a réaffirmé son engagement envers cette initiative qu’il considère comme un puissant facteur de cohésion sociale. Pour lui, soutenir Amougnan relevait de l’évidence, tant cet événement offre aux ressortissants de Semien un espace annuel de dialogue, de fraternité et de partage. « C’est un immense honneur d’être le parrain de cette première édition. Je retrouve mon village, mes frères et mes sœurs, je renoue avec mes racines. Je souhaite longue vie à Amougnan afin que l’édition 2027 soit encore plus belle », a-t-il confié.
Sur le plan artistique, le festival a proposé un riche programme d’animations mettant en valeur les traditions du peuple Wê. Le public a assisté à des parades de masques, symboles de la vie sociale et spirituelle de la communauté, ainsi qu’à des prestations de danses traditionnelles exécutées tant par les groupes autochtones que par les communautés vivant dans le canton. Au son des percussions et des instruments traditionnels, les différentes troupes ont créé une ambiance festive qui a conquis les nombreux visiteurs.

Placée sous le thème « Arts et culture au centre du canton Semien », cette première édition a pu voir le jour grâce à l’importante contribution de son parrain, Étienne Ponné, secrétaire général mondial de Wêhons Leader Mondial, qui a assuré une grande partie de la logistique et promis une édition 2027 encore plus ambitieuse. En clôturant les festivités, Joël Kéhi a lancé un appel à l’ensemble des cadres, opérateurs économiques, jeunes et ressortissants du canton afin qu’ils s’approprient ce rendez-vous culturel, appelé selon lui à devenir un instrument durable de promotion de l’identité culturelle de Semien, mais aussi un moteur de développement économique et de rayonnement pour toute la localité.
Kindo Ousseny
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