Cinq jours de travaux, d’échanges et d’analyses ont permis de dresser un nouveau bilan de la gestion du Parc national du Mont Sangbé. Réunis du 24 au 28 août 2026 à Biankouma, l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), ses partenaires et plusieurs parties prenantes ont évalué l’efficacité de gestion de l’aire protégée à travers l’outil Integrated Management Effectiveness Tool (IMET). Au terme de l’exercice, l’index global s’établit à 62,9 %, contre 61 % lors de la précédente évaluation de 2021 : une progression modeste, mais significative.

Derrière ce score se trouve avant tout une démarche participative, qui a mobilisé l’ensemble des acteurs concernés par la conservation du massif. Pendant cinq jours, le formulaire IMET a été minutieusement renseigné, les acquis et les insuffisances passés au crible, puis des mesures correctives proposées et soumises aux participants pour examen et validation, avec l’appui de deux coachs dédiés. Pour le Colonel Zouo Richard, représentant le Directeur général de l’OIPR, les objectifs fixés au démarrage ont ainsi été pleinement atteints.
Au-delà du chiffre global, certains indicateurs se révèlent particulièrement encourageants. Selon le coach IMET, le Dr Colonel Diarrassouba Issa, la composante « effets et impacts », qui traduit la qualité de la préservation de la faune, de la flore et des habitats, atteint environ 66 %, une performance notable au regard des difficultés qu’a connues le parc au sortir de la crise de 2011. Le suivi écologique permet aujourd’hui d’attester la présence d’espèces emblématiques comme les hippotragues, les bubales et les chimpanzés, même si des efforts restent nécessaires pour mieux cerner leurs effectifs et leur répartition.
L’évaluation ne s’est toutefois pas limitée à un état des lieux : elle a surtout permis d’identifier les priorités pour franchir un nouveau cap. Parmi les principales recommandations figure le renforcement des investissements, après plus de quinze ans de gestion soutenue, notamment pour améliorer les infrastructures touristiques et créer les conditions d’une future valorisation du site. Pour les participants, l’efficacité de la conservation doit désormais s’accompagner d’une capacité accrue à faire découvrir et valoriser durablement les richesses naturelles de cette aire protégée.

Cette dynamique s’appuie aussi sur une collaboration étroite entre l’OIPR et ses partenaires. L’atelier s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé entre la Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire (FPRCI) et Barry Callebaut, destiné à renforcer la conservation de plusieurs aires protégées ivoiriennes, dont le Mont Sangbé. Une initiative qui relève de la stratégie nationale de préservation de la biodiversité, de restauration des écosystèmes et de promotion d’une cacaoculture durable.
La société civile et les communautés riveraines ont également été associées à la réflexion. Pour le Dr Diayé Ambroise, président de l’ONG Action de Vie, les résultats de l’évaluation constituent « un élément de plus » à exploiter pour progresser dans une gestion partagée avec les communautés. Il a salué l’implication du corps préfectoral et de l’OIPR, estimant que la participation de la société civile favorise l’adhésion des populations à la protection du massif.
Au terme des travaux, le représentant du Préfet de Biankouma, le Sous-préfet de Gouiné, M. Kouadio Kouakou, a invité les participants à partager les connaissances acquises avec leurs collaborateurs et l’ensemble des parties prenantes. Pour l’OIPR, cette clôture marque moins une fin qu’un nouveau départ : les recommandations validées doivent désormais se traduire en actions concrètes. Avec un score porté à 62,9 %, le Mont Sangbé affiche des progrès réels et se trouve surtout face à un nouveau défi : transformer ces acquis en une gestion toujours plus efficace, participative et durable de son patrimoine naturel.
Kindo Ousseny
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