Biankouma, 14 octobre 2026. La protection de la nature peut aussi rimer avec reconnaissance et développement local. À l’occasion de la troisième session ordinaire de 2026 du Comité de gestion locale (CGL) du Parc national du Mont Sangbé, tenue à la préfecture de Biankouma, trois villages riverains ont été récompensés pour leurs efforts de préservation de cette aire protégée. La cérémonie a illustré les progrès de la conservation participative, mais aussi rappelé que la gestion des ressources confiées aux communautés exige transparence et responsabilité.

Le préfet du département, Soro Sana, qui présidait les travaux, a salué la régularité des rencontres du comité et l’engagement de ses membres. Les participants ont examiné le bilan des activités du troisième trimestre, les perspectives du quatrième trimestre 2026 et les résultats préliminaires de la dixième phase du suivi écologique. Représentant le directeur général de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), le colonel Gonto Gbassaha a estimé que les efforts commencent à porter leurs fruits. Selon lui, le parc est « de moins en moins agressé ». Il a toutefois appelé à rester vigilant afin de léguer ce patrimoine naturel aux générations futures.
Le moment fort de la rencontre a été la remise des récompenses du Prix Vert, édition 2025. Doh, classé troisième, a reçu 500 000 FCFA. Kokialo, deuxième, a obtenu un million de FCFA. Dangrézo, sacré meilleur village écocitoyen, a remporté le premier prix de 1,5 million de FCFA. Au-delà des enveloppes, ces distinctions saluent l’implication des communautés dans la protection du parc et encouragent les comportements favorables à la conservation.
Au nom des lauréats, Singo Sahi Diomandé a remercié les responsables de l’OIPR et les autorités administratives. Évoquant le cas de Kokialo, il a cité les changements visibles dans son village, notamment les infrastructures scolaires et le renforcement de la sécurité. « Aujourd’hui, le village est développé », a-t-il affirmé, attribuant une part de cette évolution aux mesures liées à la gestion du Mont Sangbé. Il a aussi rappelé les difficultés et les incompréhensions qui ont marqué le déplacement de certaines communautés, tout en plaidant pour la poursuite du dialogue avec les gestionnaires du parc.

Mais une récompense s’accompagne de devoirs. Le préfet Soro Sana a exhorté les lauréats à investir ces fonds dans des projets communautaires utiles, compatibles avec les exigences de conservation et profitables aux populations. Il a insisté sur une gestion rigoureuse, rappelant que la confiance des partenaires financiers dépend de la transparence dans l’utilisation des financements. Le représentant de l’OIPR, le Colonel Gonto a abondé dans le même sens, invitant les riverains à demeurer les sentinelles du parc et à signaler aux forces de défense et de sécurité toute présence suspecte liée à des activités illicites.
Les échanges ont également mis en lumière plusieurs difficultés de terrain : pistes impraticables, effectifs techniques insuffisants et manque de moyens de mobilité pour les missions. Le directeur de zone ouest de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse, a toutefois fait état d’avancées, avec l’arrivée d’un véhicule de transport de troupes et la perspective de la construction de nouveaux locaux pour la direction de zone. Ces acquis devraient renforcer la capacité d’intervention et le suivi des activités de conservation.
En clôturant les travaux, le président du CGL a salué la mobilisation des membres et encouragé les populations riveraines à poursuivre leurs efforts. Entre récompenses, bilan technique et appels à la vigilance, cette session a rappelé une conviction essentielle : la protection durable du Mont Sangbé repose autant sur l’action des agents de l’OIPR que sur l’implication des communautés. Pour les villages lauréats, le défi est désormais de transformer ces chèques en réalisations concrètes, qui renforcent le bien-être collectif sans compromettre l’intégrité du patrimoine naturel.
Kindo Ousseny
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