Bafing / Achat de 200 000T de noix de cajou par le gouvernement : Les attentes des producteurs du Bafing

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C’est avec beaucoup de joie que les producteurs de noix de cajou de la région du Bafing accueillent l’annonce faite, le vendredi 10 avril, par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Kobenan Kouassi Adjoumani de la decision d’achat de 200 000 T de noix de cajou aux producteurs par le gouvernement en vue de les soulager des effets pervers du Covid-19.

Pour le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, il s’agit de mesures urgentes prises en vue de faciliter l’écoulement des stocks des noix de cajou aux mains des producteurs mais également de répondre à certaines exigences sociales imminentes avec l’arrivée des fêtes de Pâques et du Ramadan. Précisant que « le prix du kilogramme sera de 400 FCFA».

Cette annonce, pour le moins qu’on puisse dire, ne laisse pas de marbre les nombreux producteurs du Bafing qui jugent la décision salutaire. D’autant plus que, selon nombre d’entre eux, ils avaient commencé à broyer du noir face à la mévente de leurs produits aggravée par la crise sanitaire du Covid-19.«C’est vraiment une très bonne nouvelle pour nous les producteurs car la situation devenait intenable. Au départ certains acheteurs nous proposaient 150 à 200 FCFA le kilogramme sous prétexte que la qualité de nos produits n’était pas très bonne. Nombre d’entre nous ont refusé de leur vendre les produits pensant que les choses s’amelioreraient. Malheureusement le Coronavirus est venu tout gâcher, plus personne ne vient encore demander nos produits. Je crois qu’avec cette mesure nous pourrons pousser un ouf de soulagement», espère Bamba Vassotigui, grand producteur de cajou à Koonan dans le département de Ouaninou.

Comme lui, ils sont nombreux les producteurs qui avaient commencé à sombrer dans le désespoir.«C’est bientôt le mois de Ramadan et on ne savait pas comment faire. Nous remercions le gouvernement et le chef de l’État qui ont pensé à nous. Nous souhaitons que cela soit effectif et bien organisé pour que personne ne soit lésée car c’est de ça que vivons», plaide Diomandé Moussa également producteur dans la région du Bafing.

Même vœu pour Dosso Namory, producteur et directeur de la société coopérative agricole « Solôdia de Touba », qui souhaite que les sociétés coopératives soient bien impliquées dans l’application de cette mesure pour aboutir aux résultats escomptés.«C’est une bonne initiative du gouvernement. Cependant nous souhaitons que cette somme soit mise à la disposition des vrais acteurs de la chaîne surtout les sociétés coopératives agréées pour la commercialisation de la noix de cajou. Sinon la pauvreté est à son comble dans le monde paysan à cause de la mévente et des prix dérisoires que nous imposent certains acheteurs véreux», dit-il. 

Pour Yeo Tiemoko, il importe de maîtriser les différents paramètres pour que la cible, c’est à dire les producteurs, soit atteinte.« Nos paysans sont obligés aujourd’hui de vendre le kg à 100frs ou 150frs. Si cette mesure peut aider à relever le prix, cela sera une bouffée d’oxygène pour les planteurs. Cependant, il faudra bien étudier tous les paramètres afin de permettre aux planteurs (cible) d’en bénéficier effectivement. Des paysans ont encore assez de stocks non vendus. Ils ont refusé de vendre, exigeant l’application du prix bord champ fixé par l’État. Et vu la tournure que prenaient les choses, certains étaient obligés de libérer leurs stocks au prix de 150frs le kg au risque de tout perdre», affirme t-il.

Rappelons que cette mesure permettra à plus de 400 000 ménages défavorisés de faire face aux difficultés financières qui sont accentuées par la pandémie du Covid-19.

Cheick Lamine

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