C’est dans la salle de réunion du secteur Nimba, à Danané, que se sont réunis, les 7 et 8 mai 2026, experts, conservateurs ainsi que des représentants de la Guinée. Deux jours de travaux intenses, à l’initiative de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) à travers sa Direction de zone ouest, pour valider le plan de surveillance 2026-2028 de la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba. Ce joyau écologique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawi, représentant le directeur de zone ouest, a ouvert les travaux en rappelant un vide préoccupant : depuis 2018, la réserve était dépourvue de plan de surveillance actualisé. « Le précédent plan étant devenu caduc, il était impératif de doter à nouveau la réserve d’un outil opérationnel adapté aux réalités actuelles », a-t-il déclaré, saluant au passage l’appui du projet Barry Callebaut, dont le soutien financier a rendu possible la tenue de l’atelier et la relance de ce chantier stratégique.
Prenant la parole au nom du directeur technique de l’OIPR, le colonel Zouho Richard a rappelé ce que représente le Mont Nimba dans le paysage naturel régional : « l’un des écosystèmes les plus riches de la sous-région », a-t-il dit, en évoquant ce massif transfrontalier partagé entre la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Libéria, reconnu comme une zone d’endémisme unique en Afrique de l’Ouest. Mais l’heure n’est pas à la seule contemplation. Braconnage, feux de brousse, exploitation illégale des ressources forestières : les menaces qui pèsent sur ce sanctuaire sont réelles et persistantes.

Face à ce constat, les participants ont été appelés à dépasser la logique de la surveillance ordinaire pour embrasser une approche véritablement stratégique, coordonnée et opérationnelle. « Ce plan doit être un véritable outil de gestion et non un document de façade », a martelé le représentant du directeur technique. L’enjeu est clair : doter la réserve d’un dispositif solide, capable de garantir l’intégrité de ses écosystèmes sur les trois années à venir.
L’atelier, organisé avec le soutien d’un partenariat public-privé associant notamment la World Cocoa Foundation, s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan d’aménagement et de gestion (PAG) et du Plan directeur d’aménagement intégré et de gestion (PDAIG). Il visait à valider le document de surveillance, à définir les mécanismes de suivi-évaluation et à renforcer l’appropriation du plan par l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de la réserve.

Les échanges ont été denses. Les experts ont passé en revue chaque composante du plan : diagnostic des menaces, organisation des patrouilles, dispositifs logistiques, ressources humaines, budget et indicateurs de performance. L’approche participative a permis de croiser savoirs techniques et réalités du terrain, gage d’un document plus robuste et mieux ancré dans les spécificités du Mont Nimba.
La dimension transfrontalière de la réserve a occupé une place centrale dans les débats, portée notamment par la présence remarquée de la délégation guinéenne. L’adjudant Maho Sobolo, représentant du directeur général du CGENS Guinée, n’a pas caché sa satisfaction quant à la qualité des travaux. « Cet atelier nous permet de partager des expériences et d’améliorer nos approches de gestion », a-t-il confié, saluant l’esprit de coopération qui a animé les échanges entre les pays engagés dans la conservation du massif.
À la clôture, le directeur de zone ouest de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse, a remercié l’ensemble des participants pour la qualité de leurs contributions, assurant que les recommandations issues des travaux seraient intégrées au document final. « Un tel plan ne peut être élaboré sans la synergie entre la direction générale, les partenaires techniques et les acteurs de terrain », a-t-il souligné.
C’est le colonel Zouho Richard qui a eu le mot de la fin, se félicitant d’une validation obtenue grâce aux observations pertinentes de chacun. Il a rappelé que ce plan constitue désormais une véritable feuille de route pour la protection du site, un « bouclier contre les crimes environnementaux », avant de lancer un appel à maintenir la dynamique collective. « La biodiversité du Mont Nimba ne connaît pas de frontières, notre engagement non plus », a-t-il conclu.
Kindo Ousseny
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