La salle de réunion du secteur Nimba à Danané a servi de cadre, le mardi 19 mai 2026, à la première session ordinaire du Comité de Gestion Locale (CGL) de la Réserve Naturelle Intégrale du Mont Nimba (RNIMN). Autorités administratives, responsables de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), partenaires techniques, représentants des communautés riveraines et acteurs de la conservation se sont retrouvés autour d’un même objectif : consolider les acquis de la préservation de ce joyau écologique classé patrimoine mondial de l’UNESCO et accélérer son retrait de la liste des sites en péril.

C’est le colonel Gonto Gbassaha, conseiller technique, qui a ouvert les travaux au nom du Directeur Général de l’OIPR. Il a d’emblée salué la forte présence des membres du comité, malgré leurs nombreuses responsabilités. Pour lui, cette mobilisation n’est pas anodine : elle traduit un intérêt grandissant pour la conservation de la nature, dans un monde de plus en plus fragilisé par les changements climatiques. Il a tenu à rappeler que le Mont Nimba, bien qu’exposé aux pressions inhérentes à sa dimension transfrontalière avec la Guinée, demeure aujourd’hui l’une des aires protégées les mieux conservées du pays. Un résultat fruit des efforts conjugués de l’OIPR, des autorités administratives et des communautés locales.
Prenant la parole au nom du préfet du département de Danané, président du CGL, le sous-préfet de Gbonhouyé, Brou Aleby Claver, a quant à lui rappelé ce que représente vraiment le Mont Nimba. « Le Mont Nimba n’est pas un simple relief géographique », a-t-il déclaré, le décrivant comme « un sanctuaire unique de biodiversité » et « le symbole vivant de notre identité naturelle ». Avant de déclarer officiellement ouverte cette première session 2026, il a invité chacun à faire preuve de responsabilité pour renforcer la synergie d’actions indispensable à la protection durable du site.
La note la plus attendue est venue du directeur de zone Ouest de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse. Son message a dissipé bien des inquiétudes : la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de « beaucoup de chances » de voir le Mont Nimba retiré de la liste du patrimoine mondial en péril. Les principaux indicateurs biologiques progressent de façon satisfaisante, les outils de gestion sont en place, et la dynamique générale est positive. Le principal obstacle demeure la question minière côté guinéen, sujet sensible qui continue d’alimenter les discussions internationales sur la gestion transfrontalière du massif.

Le directeur de zone Ouest est également revenu sur l’atelier interrégional organisé récemment à Man, du 30 mars au 2 avril, autour du retrait des biens de la liste du patrimoine mondial en péril. Cette rencontre de haut niveau avait réuni plusieurs pays africains et arabes, ainsi que des experts de l’UNESCO, de l’UICN, de l’ISESCO et du Fonds du Patrimoine Mondial Africain. Le colonel Zannou Moïse a rapporté que les participants avaient fortement salué la qualité de l’organisation et l’état remarquable de conservation du Mont Nimba, constaté lors de la visite de terrain.
L’un des moments les plus marquants de la session a été la lecture d’une lettre officielle de remerciements adressée à l’OIPR par le Fonds du Patrimoine Mondial Africain. Le document saluait chaleureusement l’excellente organisation de l’atelier interrégional, la qualité des échanges techniques et l’engagement constant de l’État de Côte d’Ivoire dans la conservation du patrimoine mondial.
Cette première session a également été l’occasion de deux importantes communications. La première, assurée par le colonel Zannou Moïse, a dressé le bilan des activités du premier trimestre 2026 et tracé les perspectives du deuxième trimestre. La seconde, présentée par le lieutenant-colonel Beda Ange Alex, chargé du suivi écologique et du système d’information géographique, a fait le point sur l’avancement des mesures correctives engagées pour permettre le retrait du site de la liste des zones en péril. Les échanges qui ont suivi ont permis d’examiner les progrès accomplis, tout en pointant les défis qui demeurent.

Les débats ont aussi mis en lumière la question des « prix verts ». Ces récompenses accordées aux communautés riveraines pour leur engagement en faveur de la conservation. Le colonel Gonto Gbassaha a insisté sur la nécessité d’une gestion collective et transparente de ces fonds. Selon lui, ils doivent servir à financer des équipements communautaires, des médicaments ou des activités génératrices de revenus pour l’ensemble des villages et non alimenter des intérêts individuels. Un appel à la responsabilité adressé directement aux chefs de villages et aux populations.
En clôturant les travaux, le représentant du Directeur Général de l’OIPR s’est félicité de la franchise et de la richesse des échanges. Il a également mis en avant un signal fort : plusieurs espèces emblématiques du Mont Nimba voient leurs populations évoluer positivement. Pour lui, cette progression témoigne du retour progressif de la tranquillité dans la réserve. Une condition sine qua non à la reproduction de la faune sauvage. Le sous-préfet de Gbonhouyé a, pour sa part, salué la convivialité qui a caractérisé la rencontre, avant de promettre de transmettre les conclusions des travaux au préfet du département de Danané.
Ainsi s’est refermée cette première session 2026 du CGL, portée par un souffle d’optimisme. Pour le Mont Nimba et pour le patrimoine naturel ivoirien, quelque chose de décisif est en marche.
Kindo Ousseny
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