De Guélémou, on ne parle presque plus. Ni à la radio, ni à la télévision, ni même dans les ouvrages scolaires. Et pourtant ! Dans cette partie de la Côte d’Ivoire, s’est écrite une page de l’histoire de l’Afrique occidentale française (AOF) à la fin du 19ᵉ siècle (1898). Guélémou, où Samory Touré a été capturé le 29 septembre 1898, tôt le matin, à la faveur d’une épaisse brume, par une colonne de l’armée coloniale française s’introduisant dans son camp par effraction, est l’une des 133 localités du département de Biankouma.

Biankouma est l’un des cinq départements de la région du Tonkpi, dans l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire. « Si nos grands-parents n’ont pu conserver les objets ramassés sur le site où Samory Touré a été capturé, s’ils n’ont pu garder des photographies des infrastructures, des personnages clés qui entouraient l’homme et enfin s’ils n’ont pu sauver la photo de notre arrière-grand-mère, Mah Siammy, affectueusement appelée “Goh Pouléh”, il nous incombe, nous les enfants, la lourde responsabilité de rappeler aux visiteurs de demain le passage de Samory Touré à Guélémou (Biankouma). C’est ce que j’ai décidé de faire », a déclaré, il y a quelques mois, Albert Dely Gué, chef du village de Guélémou.
Aujourd’hui, à l’entrée de Guélémou, à l’endroit où, en septembre 1898, Samory Touré a été capturé par les colons français, une statue géante de lui, haute de 6,60 mètres et large de 1,60 mètre, a été érigée. Juste à côté se trouve une petite case ronde construite en terre battue et coiffée de chaume, symbole de la demeure de Samory Touré. L’ensemble vise à marquer et rappeler aux visiteurs un pan de l’histoire du passage de Samory Touré à Guélémou. Les travaux de construction de cette statue, débutés en septembre 2018, ont duré cinq mois.
Honoré Droh
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