La deuxième session ordinaire 2026 du Comité de Gestion Locale (CGL) du Parc national du Mont Péko a confirmé une dynamique encourageante pour cette aire protégée de l’ouest ivoirien. Réunis le 31 juillet à l’hôtel Sénévé de Duékoué, autorités administratives, partenaires techniques, élus locaux, représentants des communautés riveraines et responsables de l’Office ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) ont dressé le bilan du deuxième trimestre et validé cinq nouveaux microprojets en faveur des populations voisines du parc.

Présidant la rencontre au nom du préfet de région du Guémon, le préfet du département de Bangolo, Lacina Diarrassouba, a rappelé que le Mont Péko constitue « un sanctuaire de biodiversité d’une valeur écologique exceptionnelle » et un levier majeur dans la lutte contre le changement climatique. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance participative autour du parc. « Les projets communautaires occupent une place prépondérante dans la stratégie de conservation, en contribuant durablement à réduire les pressions anthropiques », a-t-il déclaré, saluant au passage l’engagement de l’OIPR, des partenaires techniques et des autorités locales.
Le bilan technique, présenté par le colonel Beda Ange Alex, fait état d’avancées significatives : sept patrouilles de surveillance menées au cours du trimestre, une vaste mission de sécurisation conduite grâce au PIF 2, et plus de 159 quadrats parcourus malgré des contraintes logistiques persistantes. Le braconnage reste la principale menace, suivi des exploitations agricoles illicites. L’OIPR a par ailleurs mis en avant ses efforts en matière de suivi écologique, de formation des agents, de restauration des limites du parc et de sensibilisation des riverains.
Représentant le Directeur de Zone Ouest de l’OIPR, le colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawy s’est félicité de ces résultats : « Le Parc national du Mont Péko devient aujourd’hui l’un des parcs avec le moins d’agressions. La faune et la flore sont en régénération croissante. La conservation y est aujourd’hui satisfaisante. » Un rétablissement qui fait toutefois émerger un nouveau défi : la multiplication des conflits entre populations et animaux sauvages, ces derniers s’aventurant davantage hors de leur habitat naturel.
Pour y répondre, l’OIPR mise sur une approche scientifique et concertée. « Nous avons engagé des étudiants qui travaillent sur les conflits homme-éléphant, homme-buffle et homme-chimpanzé, afin de mieux comprendre le phénomène et d’orienter nos actions », a expliqué le colonel Assui, annonçant une collaboration renforcée avec la Direction régionale des Eaux et Forêts pour la gestion de la faune en domaine rural. Il s’est réjoui qu’aucun décès n’ait été enregistré lors de ces sorties d’animaux, preuve selon lui d’une bonne collaboration avec les populations.

Autre temps fort de la session : la présentation, par le capitaine Sinayoko Yaya, du nouveau mécanisme de financement des microprojets. Le dispositif prévoit un processus transparent, de l’appel à manifestation d’intérêt jusqu’au suivi des bénéficiaires, avec des financements pouvant atteindre 5 millions de francs CFA pour un projet individuel et 15 millions pour un groupement. Objectif : offrir des activités génératrices de revenus aux riverains afin de réduire leur dépendance aux ressources du parc et de renforcer leur adhésion à la conservation. Cinq nouveaux sous-projets, pour une subvention globale de plus de 39,5 millions de francs CFA, ont ainsi été validés à l’unanimité par le Comité.
Les échanges qui ont suivi ont permis d’enrichir le dispositif. Le secrétaire général de la préfecture de Duékoué, Kouamé Ben Yéboua Serge, a salué la qualité du schéma de financement tout en plaidant pour un accès plus large des femmes à ces opportunités économiques. Le sous-préfet de Bléniméouin, Grah Serge Pacôme, a pour sa part relevé certaines lenteurs administratives et les difficultés rencontrées par les associations pour monter leurs dossiers, ainsi que les dégâts causés récemment par un buffle dans des plantations villageoises. Le représentant du canton de Zagna, Gnionao Léon, a quant à lui exprimé le souhait de voir les villages bénéficiaires devenir à leur tour des moteurs du développement local, évoquant même l’idée d’un « Prix vert » qui financerait la création d’une radio communautaire.
A la clôture de la session, le colonel Gonto Gbassaha, Conseiller technique représentant le Directeur général de l’OIPR a lancé un appel vibrant aux riverains : « On ne parle plus seulement de protection du parc, mais aussi de microprojets qui améliorent les conditions de vie des villages. Les premiers bénéficiaires de la conservation sont les populations riveraines elles-mêmes. Aidons-nous à continuer de conserver, surveiller et protéger le Parc national du Mont Péko. » Un message qui résume l’esprit de cette session : faire de la conservation de la biodiversité un moteur de développement durable, partagé entre l’État, les partenaires et les communautés locales.
Kindo Ousseynou
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