Festival de la cuisine ivoirienne : Le Tonkpi tient ses ambassadeurs pour la finale à Kong

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Il flottait dans l’air de la Villa Aiman, jeudi 27 août 2026, des effluves qui ne trompaient pas. À Domoraud, quartier paisible de Man, le District autonome des Montagnes a organisé sa présélection de la 4ᵉ édition du Festival de la Cuisine Ivoirienne. Marmites, épices et savoir-faire ancestral étaient au rendez-vous, sous le regard attentif d’un public venu en nombre.

Car au-delà des candidats en compétition, c’est toute une région qui s’est déplacée. Du Tonkpi, du Guémon et du Cavally, les populations sont venues témoigner leur attachement à une gastronomie qui les rassemble et les définit. Deux catégories étaient à l’affiche : la cuisine traditionnelle et la cuisine professionnelle, deux façons de raconter la même histoire, celle des terroirs de l’Ouest ivoirien.

Portée par le ministère du Tourisme et des Loisirs, cette 4ᵉ édition du festival s’inscrit sous un thème évocateur : « Cuisine ivoirienne : patrimoine culinaire et levier d’attractivité touristique ». L’ambition est claire : faire de chaque plat une invitation au voyage, et de la gastronomie un outil à part entière de promotion des destinations touristiques du pays.

La cérémonie s’est tenue en présence de Tihe Keassemon Laciné, sous-préfet de Zagoué, venu représenter le préfet de la région du Tonkpi et préfet du département de Man.

Sur la ligne de départ, deux concours : celui du meilleur cuisinier traditionnel, et celui du meilleur cuisinier professionnel. Un format pensé pour permettre à toutes les sensibilités culinaires de s’exprimer.

Doumbia Mohamed, directeur régional du Tourisme et des Loisirs, a rappelé l’enjeu de cette étape décisive : dégager les candidats qui porteront les couleurs du District autonome des Montagnes à la finale nationale.

« L’objectif est de sélectionner les candidats qui auront la responsabilité de représenter le District autonome des Montagnes, notamment les trois régions que sont le Tonkpi, le Guémon et le Cavally », a-t-il indiqué.

Mais pour le responsable régional, gagner ne suffit pas. Il faut aussi savoir mettre en valeur les produits du terroir, transformer une recette ancienne en une expérience capable de conquérir un public plus large. C’est le défi qu’il a lancé aux lauréates : peaufiner leur art, intégrer les recommandations du jury et ne rien lâcher sur la créativité, à l’approche de la finale.

Chez les tenants de la tradition, c’est Gbopi Esther, du restaurant Ariane Beach, qui a conquis le jury. Son arme : la sauce Zanhi, une préparation confectionnée à partir d’un fruit de l’arbre « Koh », que l’on trouve à l’état naturel dans les forêts de la zone montagneuse.

Une recette peu connue en dehors de son terroir d’origine, mais que la lauréate entend désormais porter bien au-delà.

« Notre région regorge énormément de potentialités que nous devons faire découvrir à tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire et partout dans le monde », a-t-elle confié, des étoiles plein les yeux.

À Kong, elle compte bien miser sur cette même recette, encore méconnue du grand public, pour en faire une véritable vitrine de la culture, des traditions et des cérémonies de sa région.

Tahe Tatiana, victoire arrachée chez les professionnels

Dans la catégorie professionnelle, Tahe Tatiana, du restaurant Tania Saveur, a signé la meilleure prestation. Sa proposition : une sauce aux champignons relevée à l’arachide, servie avec du riz. De quoi convaincre un jury visiblement exigeant, et lui ouvrir les portes de la finale nationale.

La satisfaction se lisait sur son visage au sortir d’une compétition qu’elle décrit elle-même comme disputée.

« La compétition n’a pas été facile. C’était très serré, mais Dieu a permis que je puisse remporter ce trophée », a-t-elle confié.

À Kong, elle défendra la même recette, avec en tête une ambition : faire connaître un peu plus les produits et les traditions culinaires de l’Ouest ivoirien.

L’affluence enregistrée autour de cette présélection en dit long sur l’attachement des populations à la valorisation de leurs produits et de leurs traditions culinaires. Dans un District où chaque région cultive ses propres spécialités, le festival offre une occasion rare de mettre en lumière cette diversité et de rappeler, une fois encore, que la cuisine fait pleinement partie du patrimoine culturel ivoirien.

Pour Gbopi Esther et Tahe Tatiana, l’aventure ne s’arrête donc pas à Man. Elle se poursuit à Kong, où les deux lauréates porteront désormais les couleurs du District des Montagnes face aux représentants des autres régions du pays.

Une nouvelle étape se prépare déjà, avec une ambition clairement affichée : faire des saveurs des Montagnes de véritables ambassadrices de la destination touristique ivoirienne, à l’occasion de la finale nationale prévue les 16 et 17 octobre 2026 à Kong.

KINDO Ousseny

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